Le festival se poursuit avec des moments particulièrement précieux. Armin Hokmi dévoile la finesse de son écriture chorégraphique à l’occasion de sa pièce Shiraz, au théâtre du Hangar. L’occasion pour nous de parler également d’un autre moment précieux, celui d’Idée d’Abdel Mounim Elallami.
Archives de l’auteur : Marie Reverdy
Il cimento dell’armonia e dell’invenzione, Anne Teresa de Keersmaeker et Radouan Mriziga au festival Montpellier Danse
Il cimento dell’armonia e dell’invenzione, traduit par « La confrontation entre l’harmonie et l’invention » ou par « L’Épreuve de l’Harmonie et de l’Invention », est le titre d’un recueil de douze concertos pour violon soliste, cordes et basse continue. Le quattro stagioni – Les Quatre Saisons Opus 8, no 1-4, ouvre le recueil. Si Vivaldi débute par le printemps, Anne Teresa de Keersmaeker et Radouan Mriziga choisissent, quant à eux, de débuter par l’automne. La pièce se déploie entre géométrie et mémoire des gestes issus du monde rural, entre travail et fêtes paysannes, entre humour et grâce.
Mille et Une Nuits de Sorour Darabi – Festival Montpellier Danse
C’est dans cette ambiance, fraîche et humide, que Sorour Darabi nous invite à assister à ses Mille et Une Nuits. Dans le clair-obscur et la brume, le public ressemble à une morphose entre Delacroix et les miniatures persanes.
Takemehome de Dimitri Chamblas et Kim Gordon au festival Montpellier Danse
“Cette pièce n’est pas thématique”, a expliqué Dimitri Chamblas lors de la conférence de presse, “je me suis inspiré de ce que j’ai vu”. Image, donc, pure image, vaguement lointaine, de corps énigmatiques et opaques. “La dramaturgie de la pièce ne se structure pas en arc”, signale également Dimitri Chamblas, mais plutôt comme l’étirement d’un temps non orienté vers un but, une errance qui n’attend rien. L’errance ne saurait, en effet, avoir la forme d’un arc, elle a plutôt la forme d’un temps dont le déversement de la ligne ressemble à la flaque aride d’un désert dans lequel l’errant.e n’a pas d’autre identité que l’errance. Si Takemehome ne construit pas ses images par dénotation, représentation, métaphore ou symbolisation, elles ont tout de même un lieu de naissance qui leur confère le statut sémiotique de trace quasi-photographique.
Ouverture de Montpellier Danse 2024 – Focus sur Saburo Teshigawara et Arkadi Zaides
Un festival fait de créations, c’est donc un festival construit sur la confiance en la parenté qui existe entre l’œuvre et la plante rudérale : elle adviendra forcément. Un festival fait de créations, c’est aussi un festival fait de soutiens, car pour Jean-Paul Montanari, “le seul soutien aux artistes qui vaille, c’est justement les aides en termes techniques et surtout financiers. Tout le reste n’est que bavardage de salon”.
Arche de Gildas Milin et la Promotion 2024 de l’ENSAD au Printemps des Comédiens
Au Printemps des Comédiens, Gildas Milin et les élèves de la dernière promotion de l’ENSAD (Ecole Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier) présentaient Arche, une fiction très documentée autour de la Pitié-Salpêtrière. Le nom de la Pitié-Salpêtrière, en lui-même, est déjà une porte obscure qui nous conduit à l’Histoire, à l’effroi, à l’hypnose, à l’inextricabilité du vrai, du fantasme, et de la folie. Gildas Milin et les élèves de l’ENSAD nous ont plongé.e.s, ce samedi 8 juin au Théâtre du Hangar, entre les murs de la Pitié-Salpêtrière, pour un voyage de 5h00.
Comment Dire..? Sylvie Chalaye
Ce nouvel épisode est dédié à Sylvie Chalaye, historienne du théâtre et anthropologue des représentations de l’Afrique et du monde noir dans les arts du spectacle. Il rend compte de la conférence intitulée « Jouer, rejouer, dé-jouer la Vénus noire, figure fantomale de l’éroticolonie » consacrée à Saartjie Baartman, dite la Vénus Hottentote.
Comment Dire..? Rébecca Chaillon
Ce nouvel épisode est consacré à l’autrice, performeuse et metteuse en scène, Rébecca Chaillon, invitée à l’Université Paul Valéry dans le cadre du colloque Ecritures et scènes décoloniales : quelles modalités esthétiques, quels imaginaires scéniques ? (III). Perspectives intersectionnelles, qui s’est tenu le Vendredi 8 Mars 2024 à l’Université Paul-Valéry. Il a été organisé par Pénélope Dechaufour, en collaboration avec le RIRRA 21, le département d’Etudes Théâtrales de l’Université Paul Valéry Montpellier 3, et en partenariat avec le SeFeA de l’IRET (Sorbonne-Nouvelle) et le projet TRANS’ART.
Extra Life de Gisèle Vienne – Théâtre Jean-Claude Carrière / Domaine d’O
Que serait une écriture de la sidération, si ce n’est une aphasie, un silence, un détournement ? Quelle serait la brûlure qu’il faudrait s’infliger pour se sentir exister, encore, malgré le vol qui a été fait de nos corps ? …Nos vies… comme une lente et douloureuse paralysie du sommeil : ni mouvement, ni conscience… Dans Extra Life, Gisèle Vienne fait l’économie de la parole pour exprimer l’hébétude et la sidération…
Article 13 – Phia Ménard, Compagnie Non Nova
C’est dans ce jardin propret à la française, au pied de cet article 13, que naît la figure de cet enfant sans visage, masqué, sorti de terre dans un élan larvaire. La position de son corps et la couleur de ses habits nous rappellent immédiatement la photographie d’Alan Kurdi, ce petit garçon de trois ans dont le corps sans vie, noyé, avait été retrouvé échoué sur une plage turque de Bodrun.
