Stop Calling Beirut du collectif Zoukak

Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, le Théâtre des 13 vents accueille Stop Calling Beirut, du collectif Zoukak, sur le plateau du Théâtre Jean Vilar. La pièce évoque la mémoire collective de Beyrouth, marquée par la guerre civile libanaise et les transformations de la ville dans l’après-guerre. À travers la disparition de Ziad, les conflits armés et l’effacement progressif d’un Beyrouth associé aux souvenirs d’une génération, elle explore les blessures individuelles et collectives laissées par l’histoire.

La geste des Banū Hilāl – Bashar Murkus au CDN de Montpellier

Comme toute œuvre du patrimoine oral, la سيرة بني هلال (Sīrat Banī Hilāl — la geste des Banū Hilāl) compte autant de versions que de conteurs et conteuses. Sur la scène du théâtre des 13 vents — CDN de Montpellier, Bashar Murkus et Khulood Basel du Kashabi Theatre / Palestine s’emparent de cette grande épopée, en resserrent le récit et en actualisent les enjeux, pour en faire théâtre de corps, inspiré de la tradition du théâtre d’ombre.

Comment Dire..? Rébecca Chaillon – Carte Noire Nommée Désir au 13 vents, CDN de Montpellier

Rébecca Chaillon revient à Montpellier avec Carte Noire Nommée Désir. Dans cette pièce, Rébecca Chaillon et les 7 performeuses avec qui elle partage le plateau, abordent la violence de la discrimination très spécifique dont les femmes noires font l’objet, qui se situe à l’intersection entre la négrophobie et la mysogynie. Cette discrimination très spécifique n’est pas une accumulation de deux discriminations mais bien une intersection qui ne cible que la femme noire et que l’on appelle « mysogynoir ».

Edelweiss [France Fascisme] de Sylvain Creuzevault / 13 vents CDN et Domaine d’O, Cité européenne du théâtre – Montpellier.

D’accusation en défense, d’hésitation en capitulation, et de délire en gouvernance politique, une dramaturgie de la délibération – argumentaires et documents – conduit la pièce. Histoire et Droit n’interrogent pas la morale, mais le fait. Et c’est cette difficile rigueur que Sylvain Creuzevault nous offre, et qui nous oblige à déplacer notre regard, à dépassionner notre intelligence, à affûter notre attention, à aguerrir notre vigilance. Car il y a une différence énorme, et pourtant souvent masquée, entre être face à une opinion, et être face aux faits.

Comment Dire..? Paola Stella Minni et Konstantinos Rizos

Il y a la question de Johnny Rotten, la question des Sex Pistols, la question du punk. Il y a la question de l’écriture également : celle des corps, celle du plateau, celle de la présence. Il y a la question de la destruction, et celle de la dérision. Il y a aussi le témoignage d’une chambre et l‘angoisse des backrooms creepypasta. Il y a le pourrissement par lequel la vie animale se confond avec la vie végétale. Il y a Deleuze. Il y a Tiresias. Et puis il y a les chiens… ceux qui annoncent et accompagnent ce flux qu’on appelle la mort, ceux qui, par leurs grognements, échappent à la docilité de la domestication, ceux qui seraient la pire menace d’une vie vécue sur les ruines du capitalisme et de ses monstres.

Danse à la Biennale des Arts de la Scène en Méditerranée – Rrrrright Now et Poreux

On aurait pu parler d’hantologie, terme forgé par Derrida pour évoquer le sentiment diffus que la culture contemporaine est hantée par des « futurs perdus », des futurs trahis car délibérément effacés par la postmodernité et le néolibéralisme. Nous aurions pu, alors, prendre acte qu’ “il existe des futurs au-delà de la ligne terminale” (Mark Ficher), et que nous devons chercher dans le passé les reliques des futurs que le présent tente d’assassiner.

Un Hamlet de moins – Nathalie Garraud et Olivier Saccomano

Dans “Un Manifeste de moins” qui accompagne la publication de l’adaptation de Richard III de Shakespeare par Carmelo Bene, Gilles Deleuze évoque le littérature mineure, concept qu’il avait développé, avec Félix Guattari, à partir de la littérature de Kafka.
Minorer Hamlet, c’est poursuivre la quête de la perte de sens, jusqu’à l’errance de la langue , de répétitions en répétitions ; l’errance des corps coincés à la limite du monde ; l’errance du monde lui-même, qui s’émiette de scroll en scroll.

Hamlet à l’impératif ! – Olivier Py

À la fin, il n’y a plus ni père, ni fils, ni descendance. C’est la fin d’une lignée, la fin d’un règne, la fin d’un système politique. Hamlet mourant donne sa voix à Fortinbras pour que celui-ci soit élu roi du Danemark, instaurant ainsi un ordre politique nouveau, l’inclusion du système électif au sein de la monarchie : un temps de l’Histoire remis dans de nouveaux gonds. Il aura fallu apprendre à mourir pour que quelque chose de nouveau puisse enfin advenir. Hamlet se suicide, il suicide sa mère, il suicide Laërte, il suicide Ophélie. Hamlet suicide la monde.

Mes Jambes, si vous saviez, quelle fumée… Pierre Molinier par Bruno Geslin

Si un bout de Pierre Molinier est parti avec sa sœur ce jour-là, quelque chose, également, est né. Le mythe fondateur, c’est un peu comme le plan d’immanence chez Deleuze et Guattari : cela nait bien de quelque part, mais cela se positionne comme ayant fondé ce qui lui a donné naissance. En ce sens, le mythe fondateur échappe à la linéarité du temps, et le personnage mythique, ce faisant, échappe à la mort… On pourra dire qu’il aura réussi, le bougre, à se donner la mort et à y échapper.

Théorème/(s) – Le film de Pasolini, le roman de Pasolini, la pièce de Pierre Maillet

C’est par le corps que la révélation adviendra. Le corps désirant, le corps érotique, le corps sentant, le corps intuitif. Ce corps qui est, comme dirait Nietzsche, “une grande raison” et dont la production existentielle, pourtant, échappe à toute forme de rationalisation. C’est ce corps que je jette dans la lutte, c’est par ce corps que je comprends bien plus que je ne connais, que je suis saisie plus que je ne saisis, c’est avec ce corps que j’embrasse le monde, que je fornique avec lui jusqu’à atteindre, comme un orgasme, le dernier soupir qui me ravit toute entière… C’est parce que je suis un corps solide que je peux connaitre le mouvement de me dissoudre.