Créée le 10 juillet 2025 au Festival d’Avignon, Israel & Mohamed est présentée au théâtre Jean-Claude-Carrière, dans le cadre d’un co-accueil de l’Agora et du Domaine d’O. Entre danse flamenca et récits autobiographiques, Israel Galván et Mohamed El Khatib livrent sur le plateau les souvenirs de leurs enfances respectives, toutes deux marquées par la figure d’un père autoritaire qui projette sur son fils le désir et l’orgueil d’une réussite par procuration.
Archives de la catégorie : Domaine d’O
Faust / Fait, non dit de Romeo Castellucci au Domaine d’O
Sur le plateau du théâtre Jean-Claude-Carrière au Domaine d’O, Romeo Castellucci met en scène un Faust vieillissant, au crépuscule du savoir et de l’existence. Avec ce dernier opus, il sonde les ténèbres du mythe faustien pour un théâtre qui donne à voir ce que les mots ne sauraient saisir. Entre insatiabilité du désir, crise du langage et fracture qui sépare irrémédiablement l’humain du monde, Faust / Fait, non dit nous invite à une traversée silencieuse dans les profondeurs d’une image décomposée.
Stéphane Gil – Son projet pour le Domaine d’O : désirs et défis
Stéphane Gil vient de prendre la tête du nouvel EPCC issu de la fusion du Printemps des Comédiens et du Domaine d’O. Nous avons été invités à le rencontrer autour d’un café, au Bistrot d’O, pour découvrir le projet qu’il porte pour le Domaine d’O. Dans l’attention de l’écoute s’est noué un dialogue muet dont ce texte, quelque peu personnel dans sa facture, se fait l’écho. Il se concentre sur quelques-uns des enjeux esthétiques, scénographiques et dramaturgiques qui ont animé cette rencontre.
Sept Larmes pour Elisabeth – Aurélien Bory, Aure Wachter et Thibaut Garcia / Festival Montpellier Danse 46
Au Théâtre Jean-Claude Carrière, le directeur du Théâtre Garonne Aurélien Bory propose Sept Larmes pour Elisabeth, avec la danseuse et chorégraphe Aure Wachter et le guitariste Thibaut Garcia, fin connaisseur de la musique de John Dowland. Créée pour le Festival Montpellier Danse, Sept Larmes pour Elisabeth nous invite à explorer le motif de la mélancolie à travers la Renaissance et le baroque anglais.
Hommage à Valère Novarina – Printemps des Comédiens 2026
Le printemps des Comédiens rend hommage à Valère Novarina et programme Les Personnages de la pensée, dix-neuvième et dernière mise en scène de Valère Novarina, ainsi que L’envers des mots, lecture-spectacle autour des textes de Valère Novarina mis en espace et en bouche par Olivier Martin-Salvan.
Du Drame de la vie donnée à Avignon en 1986, à l’ironie du sort qui achève la tournée des Personnages de la Pensée en 2026 à Montpellier ; 40 ans tout rond, comme le nombre d’éditions du Printemps des Comédiens. « Merci les chiffres ! », écrivait Novarina dans La Clef des Langues, car « ils nous protègent de l’effrayante vie ».
Angélica Liddell – Seppuku. El Funeral de Mishima o el placer de morir
Pour cette 40ème édition, Angélica Liddell revient au Printemps des Comédiens avec Seppuku. El Funeral de Mishima o el placer de morir, pièce qu’elle dédie à Mishima et à cette citation : « je tombe amoureux de toutes les personnes qui meurent ». Elle présente ces funérailles comme « un éloge du suicide » et voit dans cette mort « l’expression d’un désir démesuré de vivre » comportant « une dimension esthétique brutale ». Seppuku est un poème d’adieu, nous dit Angélica Liddell, « un jisei no ku pour tous les suicidés, un transfert vers le corps de ce qui a toujours existé dans mon esprit, le désir de mourir. »
Musée Duras de Julien Gosselin au Printemps des Comédiens
Le Musée n’est pas seulement un lieu d’exposition, il est aussi un lieu de collection. Dans leur diversité d’époque, de forme, de genre, quelques détails qui auraient pu passer inaperçus se font motifs. Visiter Marguerite Duras aux côtés de Julien Gosselin, c’est bénéficier d’un éclairage, l’occasion de se dire que nous ne l’avions peut-être pas si bien lue, que nous devrions la relire, que nous n’avions pas mesuré ce qui était en germe dans certains textes, en queues de comète dans d’autres.
La Guerre n’a pas un visage de femme de Svetlana Alexievitch par Julie Deliquet au Printemps des Comédiens
A partir des témoignages de femmes soviétiques ayant fait la Seconde Guerre mondiale, que Svetlana Alexievitch (Prix Nobel de littérature 2015) a récoltés individuellement, Julie Deliquet propose une forme théâtrale dialoguée, qui met en jeu une situation fictive, celle où les témoins seraient réunies dans la même pièce, et prendraient la parole côte à côte, complétant leur récit, se répondant l’une l’autre, dans une discussion aux allures chorales. Neuf femmes sur le plateau témoignent de leur expérience de femmes engagées dans l’Armée rouge lors de la Seconde Guerre mondiale. Brancardières, infirmières, pilotes, tireuses d’élite…
Edelweiss [France Fascisme] de Sylvain Creuzevault / 13 vents CDN et Domaine d’O, Cité européenne du théâtre – Montpellier.
D’accusation en défense, d’hésitation en capitulation, et de délire en gouvernance politique, une dramaturgie de la délibération – argumentaires et documents – conduit la pièce. Histoire et Droit n’interrogent pas la morale, mais le fait. Et c’est cette difficile rigueur que Sylvain Creuzevault nous offre, et qui nous oblige à déplacer notre regard, à dépassionner notre intelligence, à affûter notre attention, à aguerrir notre vigilance. Car il y a une différence énorme, et pourtant souvent masquée, entre être face à une opinion, et être face aux faits.
Extra Life de Gisèle Vienne – Théâtre Jean-Claude Carrière / Domaine d’O
Que serait une écriture de la sidération, si ce n’est une aphasie, un silence, un détournement ? Quelle serait la brûlure qu’il faudrait s’infliger pour se sentir exister, encore, malgré le vol qui a été fait de nos corps ? …Nos vies… comme une lente et douloureuse paralysie du sommeil : ni mouvement, ni conscience… Dans Extra Life, Gisèle Vienne fait l’économie de la parole pour exprimer l’hébétude et la sidération…
