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Empire of Flora, Michèle Murray – Montpellier Danse 42

Michèle Murray revendique l’héritage de Merce Cunningham auprès de qui elle s’est formée. La structuration géométrique du plateau, l’expression du visage et la modalité d’exécution sont les points les plus visibles de cet héritage. Il y a aussi, bien sûr, la liberté dans la contrainte et la rigueur comme moyen d’émancipation. Il y a, enfin, l’absence de thème : l’écriture chorégraphique prend son point de départ dans la relation entre le corps des danseurs et le plateau, et se construit par un processus génératif, combinatoire.

L’Envol de Nacera Belaza – Montpellier Danse 42

La scène restera longtemps plongée dans la pénombre, jouant de la structure même de notre rétine. Le corps presque immobile de Nacera Belaza se devine surtout par son ombre portée ; un corps végétal, tiraillé entre la racine des pieds et l’appel de la lumière située en hauteur.

Le temps d’un hommage… Raimund Hoghe

L’irréductible mystère de la beauté du travail de Raymund Hoghe, qui réside dans les détails, cette beauté inquiète qui voit dans l’imperfection le moyen de crocheter le regard en l’interpelant, affirme la nature même du geste artistique. Car « on va au théâtre pour regarder et non pour détourner les yeux », nous rappelle Raimund Hoghe citant l’acteur et auteur Peter Radtke.

Une œuvre n’est jamais une vague chose, plus ou moins belle, plus ou moins gorgée de messages qui seraient encodés, plus ou moins immuable, condamnée à la solitude des temples. Une œuvre est une ombre qui plane au-dessus de nos vies : l’ombre de nos regards, l’ombre de nos corps, l’ombre de nos mots… Au moment où nous croyons la saisir c’est elle, finalement, qui nous saisit… L’œuvre n’existe comme objet esthétique que si, face à elle, nous sommes sujets de l’esthétique. L’œuvre n’existe comme évènement que si nous faisons l’expérience de sa rencontre. L’œuvre n’existe pleinement que si nous partageons ses effets en nous, si nous la discutons, l’interrogeons, la confrontons à nos habitudes perceptives… Une œuvre dont on ne parle pas est une œuvre morte…

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