SpinticA

Articles récents

Laboratoire Poison et Qui Vive ! – Adeline Rosenstein

La pièce documentaire en 4 parties “Laboratoire Poison”, conçue, écrite et mise en scène par Adeline Rosenstein, interroge le regard, tous les regards. Elle interroge les énoncés et les énonciations. Elle aborde également la question des identités en contexte d’oppression : héro.ïne ici et lâche ailleurs, héro.ïne pour les uns et traître.sse pour les autres, héro.ïne aujourd’hui et scélérat.e demain. Car l’identité n’est pas une substance, mais le résultat d’une énonciation, elle n’est pas immuable et nous permet de comprendre que ce n’est pas hier qui explique aujourd’hui, mais aujourd’hui qui évalue hier.

Séminaire et Bord-Plateau – Institut Ophélie / Nathalie Garraud et Olivier Saccomano

De là, sûrement, la remarque d’Olivier Neveux quant à la récurrence du terme “réalisme” pour qualifier les enjeux d’un art politique qui consiste présenter le réel tel qu’il est au lieu de le traverstir en image idéologique. De là aussi l’appel à son dépassement, pour ne pas se borner à ce qui est mais imaginer ce qui pourrait être, ce qui devrait être, ce qu’on voudrait qui soit.

Katerina Andreou à ICI-CCN / Montpellier

Le mouvement des danseuses est continu et rien ne “prend corps” comme on dit, car tout se fait flux. Notre œil de spectateurice ne saisit ni une référence, ni une séquence, ni même un visage. La musique ne singularise pas beaucoup plus ; inspirée des musiques noises et électro, quelques chants d’oiseaux se font néanmoins entendre. Dans un mouvement inverse à celui du dirigeable amarré, la pesanteur joyeuse des corps finira par chercher l’ascension en se hissant aux cordes suspendues.

Une œuvre n’est jamais une vague chose, plus ou moins belle, plus ou moins gorgée de messages qui seraient encodés, plus ou moins immuable, condamnée à la solitude des temples. Une œuvre est une ombre qui plane au-dessus de nos vies : l’ombre de nos regards, l’ombre de nos corps, l’ombre de nos mots… Au moment où nous croyons la saisir c’est elle, finalement, qui nous saisit… L’œuvre n’existe comme objet esthétique que si, face à elle, nous sommes sujets de l’esthétique. L’œuvre n’existe comme évènement que si nous faisons l’expérience de sa rencontre. L’œuvre n’existe pleinement que si nous partageons ses effets en nous, si nous la discutons, l’interrogeons, la confrontons à nos habitudes perceptives… Une œuvre dont on ne parle pas est une œuvre morte…

Recevez directement le nouveau contenu dans votre boîte de réception.