Laboratoire Poison et Qui Vive ! – Adeline Rosenstein

La pièce documentaire en 4 parties “Laboratoire Poison”, conçue, écrite et mise en scène par Adeline Rosenstein, interroge le regard, tous les regards. Elle interroge les énoncés et les énonciations. Elle aborde également la question des identités en contexte d’oppression : héro.ïne ici et lâche ailleurs, héro.ïne pour les uns et traître.sse pour les autres, héro.ïne aujourd’hui et scélérat.e demain. Car l’identité n’est pas une substance, mais le résultat d’une énonciation, elle n’est pas immuable et nous permet de comprendre que ce n’est pas hier qui explique aujourd’hui, mais aujourd’hui qui évalue hier.

Séminaire et Bord-Plateau – Institut Ophélie / Nathalie Garraud et Olivier Saccomano

De là, sûrement, la remarque d’Olivier Neveux quant à la récurrence du terme “réalisme” pour qualifier les enjeux d’un art politique qui consiste présenter le réel tel qu’il est au lieu de le traverstir en image idéologique. De là aussi l’appel à son dépassement, pour ne pas se borner à ce qui est mais imaginer ce qui pourrait être, ce qui devrait être, ce qu’on voudrait qui soit.

Katerina Andreou à ICI-CCN / Montpellier

Le mouvement des danseuses est continu et rien ne “prend corps” comme on dit, car tout se fait flux. Notre œil de spectateurice ne saisit ni une référence, ni une séquence, ni même un visage. La musique ne singularise pas beaucoup plus ; inspirée des musiques noises et électro, quelques chants d’oiseaux se font néanmoins entendre. Dans un mouvement inverse à celui du dirigeable amarré, la pesanteur joyeuse des corps finira par chercher l’ascension en se hissant aux cordes suspendues.

FiestAgora avec Gilles Deleuze (4/4)

Tombeau de l’âme pour Platon, le corps doit être soumis à l’effort, et à la discipline, dès son plus jeune âge car l’enfant, incapable de “rester tranquille [nous dit Platon], de s’abstenir de gesticuler ou de parler”, se disperse dans une multitudes de mouvements désordonnés et “in-orientés” pour ne pas dire désorienté. Il faut “cultiver l’ordre du mouvement” rajoute t’il, c’est à dire enseigner à l’enfant le rythme pour lui permettre de se mouvoir sans désordre, pour rationaliser et normaliser les mouvements de son corps encore sauvage. Deux remèdes à la sauvagerie, selon Platon : la lutte et la danse.

FiestAgora avec Gilles Deleuze (3/4)

Berlin Ouest était un corps organique au sens d’un corps organisé, dont les formes urbanistiques étaient cristallisées dans l’architecture et l’aménagement urbain : c’était une ville patrimoniale, remplie de traces du passé impossibles à déconstruire, laissant peu de place, donc, aux choses nouvelles. Berlin Est, quant à elle, figurait plutôt la dialectique du Corps sans Organe et du désir. Elle était en chantier permanent, nous laissant entrevoir tous les possibles de l’avenir sans pour autant que nous puissions en dessiner clairement les contours.

FiestAgora avec Gilles Deleuze (2/4)

Il est possible de se sentir dérouté par certaines œuvres, et cette sortie de route peut être accueillie comme une aventure ou comme un risque, comme une joie ou comme une crainte. Ne pas comprendre nous met face à deux voies : se laisser porter par une sorte d’hypnose, ou se sentir exclu… Pourtant, le but de l’œuvre n’est pas d’être comprise : “Dans mes ballets, il n’y a pas à comprendre » – nous dit Merce Cunningham.

FiestAgora avec Gilles Deleuze (1/4)

A ma connaissance, il n’y a que dans la mort et dans la danse contemporaine que le corps se laisse percevoir comme tel, dépouillé de l’ensemble de ses signes ; épuré, pourrait-on dire, au sens chimique du terme, de ce qui fait de lui un signe dès lors qu’il est vivant ou quotidien. Dépouille, autrement dit entièrement et totalement nu, monadique. JE, pour sa part, s’est absenté. De là, probablement, cette fascination métaphysique pour la danse contemporaine…

A ne pas rater – Nicolas Heredia | Compagnie La Vaste Entreprise

Avec « A ne pas rater », Nicolas Heredia nous met face à l’expérience du temps : celui de l’attente et de sa potentielle désillusion ; celui qu’il faut tuer ; celui qui nous tuera ; celui, trop rapide, qu’il faut remplir à tout prix ; enfin celui, précieux, qu’il nous faut savourer. « A ne pas rater » nous invite à partager 1H de notre temps, 1h pendant laquelle il faudra bien trouver le moyen de considérer que ce temps n’aura pas été perdu.

Kill Tirésias – Paola Stella Minni & Konstantinos Rizos | Compagnie Futur Immoral

A La Scierie, en plein festival d’Avignon, les prophéties de Tirésias prennent un sens tout particulier. “Notre maison brûle !” nous dit Tirésias… et rien ne sert de tuer le messager s’il a le pouvoir de prophétiser au-delà de sa mort.

Générations – battle of portraits Fabrice Ramalingom | Compagnie R.A.M.a

Le temps, ici, n’est ni linéaire ni cyclique : s’il existe un retour du même, c’est toujours sous une forme différente, selon une modalité nouvelle, doté d’un sens inédit. Entre ces deux hommes c’est donc la ressemblance, malgré les variations modales, qui saute aux yeux : une ressemblance sans simulitude qui permet la singularité. L’écriture de Fabrice Ramalingom explore tous les connecteurs relationnels à l’exception du “contre” : “Avec”, “Pour”, “En miroir”, etc.