Un festival fait de créations, c’est donc un festival construit sur la confiance en la parenté qui existe entre l’œuvre et la plante rudérale : elle adviendra forcément. Un festival fait de créations, c’est aussi un festival fait de soutiens, car pour Jean-Paul Montanari, “le seul soutien aux artistes qui vaille, c’est justement les aides en termes techniques et surtout financiers. Tout le reste n’est que bavardage de salon”.
Archives de l’étiquette : danse contemporaine
Danse à la Biennale des Arts de la Scène en Méditerranée – Rrrrright Now et Poreux
On aurait pu parler d’hantologie, terme forgé par Derrida pour évoquer le sentiment diffus que la culture contemporaine est hantée par des « futurs perdus », des futurs trahis car délibérément effacés par la postmodernité et le néolibéralisme. Nous aurions pu, alors, prendre acte qu’ “il existe des futurs au-delà de la ligne terminale” (Mark Ficher), et que nous devons chercher dans le passé les reliques des futurs que le présent tente d’assassiner.
Israel Galván, La Consagración De La Primavera – Montpellier Danse
Le Sacre du printemps se structure autour du толчок (toltshock) qu’il faudrait traduire par “choc”, “secousse”, mais également par “poussée”, “impulsion”. Ce célèbre accord толчок sera répété plus de deux cents fois dans la partition du Sacre. Dans une poussée quasi volcanique, les accents, irréguliers, semblent éructer au hasard. Le corps-percussion d’Israel Galván, de zapateado en zapateado, sur gravier, tambour, bois, génère, pour notre œil, une inépuisable poussée dans le désir de voir.
Encantado de Lia Rodrigues – Montpellier Danse / Théâtre de la Vignette
Le processus d’individuation ne renonce jamais à l’harmonie corps/environnement, bien au contraire, l’individu émane du paysage sans jamais s’en séparer. C’est dans le jeu, aux deux sens du terme, de cette relation qu’adviennent les Encantados.
Umwelt de Maguy Marin au théâtre des 13 vents – CDN de Montpellier,
« Nous en sommes là.
A jouer du possible sans le réaliser.
A aller jusqu’à l’épuisement des possibilités.
Un épuisement qui renonce à tout ordre de préférence et à toute organisation de but ou de
signification. »
A considérer les quelques lignes de la feuille de salle, on voit poindre les lectures de lectures qui ont présidées à la pièce Umwelt : on reconnait clairement Deleuze lisant Beckett après avoir lu Spinoza, dans son texte intitulé L’Epuisé.
Clôture du festival Montpellier Danse 42 – Réflexion sur la danse aujourd’hui
À “Qu’est-ce que la danse ?” se substitue alors la question “À quelle condition une œuvre joue-t’elle le rôle d’œuvre de danse ?” La question est de savoir, à la ville, à la campagne, à l’écran, à la scène ou à la salle, par les muscles, les os, la peau ou les neurones-miroirs, s’il est possible “d’habiter le monde en danseur”, un peu sur le modèle de la prescription faite par Martin Heidegger pour qui on devait “habiter le monde en poète”.
