La Guerre n’a pas un visage de femme de Svetlana Alexievitch par Julie Deliquet au Printemps des Comédiens

A partir des témoignages de femmes soviétiques ayant fait la Seconde Guerre mondiale, que Svetlana Alexievitch (Prix Nobel de littérature 2015) a récoltés individuellement, Julie Deliquet propose une forme théâtrale dialoguée, qui met en jeu une situation fictive, celle où les témoins seraient réunies dans la même pièce, et prendraient la parole côte à côte, complétant leur récit, se répondant l’une l’autre, dans une discussion aux allures chorales. Neuf femmes sur le plateau témoignent de leur expérience de femmes engagées dans l’Armée rouge lors de la Seconde Guerre mondiale. Brancardières, infirmières, pilotes, tireuses d’élite…

Comment Dire..? Mirlitons, de François Chaignaud et Aymeric Hainaux

La saison Montpellier Danse propose, au théâtre Jean Vilar, Mirlitons, de François Chaignaud et Aymeric Hainaux. A cette occasion, un Comment Dire..? qui tente une nouvelle forme, en proposant un échange entre les mots de la critique et les visuels dessinés, au fur et à mesure du spectacle, par Romain You, étudiant en DPEA “Architecture et Scénographie” à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier. L’occasion pour lui de garder, dans son carnet jaune, une mémoire sensible des spectacles, entre intuitions d’espaces scénographiques et spatialisation d’intuitions dramaturgiques.

Comment Dire..? Rébecca Chaillon – Carte Noire Nommée Désir au 13 vents, CDN de Montpellier

Rébecca Chaillon revient à Montpellier avec Carte Noire Nommée Désir. Dans cette pièce, Rébecca Chaillon et les 7 performeuses avec qui elle partage le plateau, abordent la violence de la discrimination très spécifique dont les femmes noires font l’objet, qui se situe à l’intersection entre la négrophobie et la mysogynie. Cette discrimination très spécifique n’est pas une accumulation de deux discriminations mais bien une intersection qui ne cible que la femme noire et que l’on appelle « mysogynoir ».

Comment Dire..? Submersion Games de Bryan Campbell à ICI-CCN – par les étudiant.e.s du DPEA Architecture et Scénographie de l’ENSAM

Dans le cadre du programme européen Life Long Burning, les étudiant.e.s du DPEA de Scénographie de l’ENSAM ont réalisé la vitrine de la table des matières d’ICI-CCN dédiée à Submersion Games, prochaine création de Bryan Campbell. Bien sûr, notre travail a été influencé par l’actualité de 2024 et Paul Watson a très largement inspiré l’ensemble de nos réflexions. Nous sommes particulièrement heureu.x.se.s d’avoir appris la libération de Paul Watson le jour même de la finalisation de la table des matières de Submersion Games.

Edelweiss [France Fascisme] de Sylvain Creuzevault / 13 vents CDN et Domaine d’O, Cité européenne du théâtre – Montpellier.

D’accusation en défense, d’hésitation en capitulation, et de délire en gouvernance politique, une dramaturgie de la délibération – argumentaires et documents – conduit la pièce. Histoire et Droit n’interrogent pas la morale, mais le fait. Et c’est cette difficile rigueur que Sylvain Creuzevault nous offre, et qui nous oblige à déplacer notre regard, à dépassionner notre intelligence, à affûter notre attention, à aguerrir notre vigilance. Car il y a une différence énorme, et pourtant souvent masquée, entre être face à une opinion, et être face aux faits.

Comment Dire..? Autour de Labourer de Madeleine Fournier à ICI-CCN

Nous l’avions déjà un peu expérimenté : écrire une fois que le temps aura permis la sédimentation, autour de CLOUD d’Arkadi Zaides.
Cette fois, nous l’avons un peu mieux formalisé, accompagnée d’un groupe de spectateurices : Juliette, Salah, Marie, Hélène, Mireille, Cristina et Nikoleta, habitué.e.s de la programmation du CCN – que ce soit les spectacles, sorties de résidence, rencontres et autres TOPO. Ensemble, nous avons suivi le parcours que nous proposait Madeleine Fournier.

Descente au Paradis – Kader Attia au MO.CO

L’espace d’exposition permet toujours, à la conscience philosophique, de poser la question ontologique de l’espace et du temps de cette hétérotopie que Michel Foucault définissait comme “contre-emplacement à l’intérieur duquel tous les autres emplacements réels que l’on peut trouver à l’intérieur de la culture sont à la fois représentés, contestés et inversés.” Entre parcours initiatique, analogie des évènements et superposition des espaces réel et mythiques, Kader Attia nous invite, au MO.CO, à une descente vers les profondeurs d’un paradis animiste.

Bilan de la 44ème édition du Festival Montpellier Danse

Le festival Montpellier Danse se termine. Une journée qui a débuté par la conférence de presse faisant état du Bilan du festival. Pas moins de 17 créations ont été montrées au public, une augmentation de la fréquentation qui souligne l’attachement du public montpelliérain à la danse contemporaine. La matinée s’est poursuivie par l’inauguration du pavillon ouest de l’Agora, d’une surface totale de 265 m², repensé pour accueillir une salle d’exposition, un studio de danse, et un bureau.

Retour sur The Cloud – Arkadi Zaides / Festival Montpellier Danse 44

Dans cette dernière création, intitulée The Cloud, Arkadi Zaides poursuit sa réflexion sur les liens qui unissent performance et document. Il est question, ici, de la mémoire de Tchernobyl au moment où la fusion du cœur du réacteur 4 provoqué l’incident nucléaire le plus grave de l’histoire, entre souvenirs d’enfance, catastrophe planétaire et signe d’un effondrement politique.

We Learned A Lot At Our Own Funeral de Daina Ashbee au Festival Montpellier Danse

Comme un acte sacré qui déchire le noir, le cœur et les entrailles, la voix d’Imara Bosco fraye un chemin qui va de l’oreille au canal lacrymal, et réveille les larmes qui sommeillaient en nous, tapies au fond de la conscience…
Le corps de Momoko Shimada quitte son lit de sable, entre rigidité cadavérique et position fœtale. Humus des corps rendus à la terre, au sable, à la mer, le travail de Daina Ashbee se passe facilement de mots. Flirtant avec la performance, fin, profond, délicat, et d’une rare intelligence…