Fête de la musique, Pride, solstice d’été, fin du Printemps des Comédiens et début du festival Montpellier Danse ! Ça y est, le festival ouvre ses portes, la programmation est lancée ! Pour sa 46e édition, la 1ère sous la direction de Dominique Hervieu, Pierre Martinez, Jann Gallois et Hofesh Shechter, Montpellier Danse se tourne vers son histoire et met à l’honneur les chorégraphes qui ont marqué le festival. Histoires de Danses en ouverture.

Histoires de Danses
Pensée comme une déambulation version tour operator, le public se divise en quatre groupes et parcourt, dans une visite guidée de la danse et de l’Agora, les studios qui accueillent différents extraits de 10 minutes chacun.
Le parcours fait affleurer les différentes strates de l’histoire chorégraphique de Montpellier, notamment par la présence des directeurs et directrices qui se sont succédé à la tête du CCN : Dominique Bagouet, Mathilde Monnier, Christian Rizzo, Hofesh Shechter et Jann Gallois.

Le voyage débute au théâtre de l’Agora, avec impulsion, solo méditatif de Jann Gallois, et se termine par un extrait du Saut de l’Ange de Dominique Bagouet que Laurent Pichaud recrée dans la cour Montanari comme écho à la cour Jacques Cœur qui avait accueilli la création en 1987. Sur fond de piano préparé, jouant des fenêtres, terrasses, gradins, praticables, cloître et sable de la cour, la pièce est dansée par les interprètes d’origine. Les corps se font témoignage, document, archive. La présence de deux très jeunes danseurs à la fin de l’extrait, un enfant et un adolescent, ouvre la cour et la danse, en même temps que s’ouvre, au dernier étage, la fenêtre derrière laquelle Michèle Rust regarde et danse comme depuis le ciel. Entre Impulsion et la Cour des Anges, nous avons pu rencontrer 7 propositions.
D’un studio à l’autre, en passant par la cour Montanari, les œuvres, les souvenirs, les récits et les corps composent une cartographie sensible de l’histoire chorégraphique du couvent des Ursulines.
Dimitri Chamblas et Zoé Lakhnati présentaient un extrait de 7 avec un groupe d’habitant.e.s de la ville de Sète.
Au studio Béjart, Salia Sanou propose un extrait d’Un Lointain si Proche, dans une installation pensée en collaboration avec Nicolas Clauss. Sur les écrans, neuf jeunes artistes camerounais avec qui Salia Sanou et Ange Fandoh ont travaillé. Les écrans se répondent et la danse de Salia Sanou dialogue, souligne, accompagne les visages et les mouvements des danseurs et danseuses présents par l’image.

Au studio Cunningham, nous découvrons une installation performative de Mathilde Monnier, Soapéra. Sur le plateau, une mousse épaisse qui aurait la lourdeur d’un velours, la plasticité sculpturale de la cire, la légèreté attendue de la mousse, et la brillance d’un satin. Les corps s’y noient, s’en extraient, rompent la matière, la modèlent, disparaissent, manifestent leur présence par la vibration de la mousse, émergent, etc. L’œil projette quelques formes : chimère organique, hydre, vagues silhouettes.

Au Studio Bagouet, Hofesh Shechter propose un extrait de sa pièce IN THE BRAIN célébrant la vie nocturne.
Nous passons devant le studio Gert et jetons un œil à l’installation de Christian Rizzo et Caty Olive, danse pour vent et vêtements seuls.
Dans la cour Montanari, Babx et Benjamin Chaval interprètent des musiques qui ont croisé le chemin de la danse, notamment l’œuvre Piano Phase que Steve Reich avait composée en 1967, et qu’Anne Teresa De Keersmaeker avait mis à l’honneur, en 1982, en créant Fase, Four Movements to the Music of Steve Reich à partir de quatreœuvres de Reich : Piano Phase (1967), Violin Phase (1967), Come Out (1966) et Clapping Music (1972).
Au studio Yano, Fabrice Ramalingom nous parle de Trisha Brown, de sa rencontre avec elle dans les années 90, de son travail chorégraphique, des traces laissées par sa danse sur une toile dans sa pièce performance It’s A Draw dont une des toiles se trouve au studio Béjart, de son envie de revenir au « point zéro » de la danse – « Back to Zero », nous précise Fabrice. De souvenirs en récits et de protocoles en phrases chorégraphiques, Fabrice Ramalingom compose un portrait de Trisha Brown et de son histoire avec Montpellier.
Impossible de tout voir, notamment Jours Étranges de Dominique Bagouet interprété par les élèves du cycle 3 du CRR – Conservatoire de Montpellier.
Avec ce tour operator de la danse, Montpellier Danse ouvre sa 46e édition et affirme autant la nouvelle identité de l’Agora que sa volonté de s’inscrire dans la filiation d’une histoire qui s’est déposée dans ses murs.
Marie Reverdy
Histoires de danses
Babx & Benjamin Chaval, Dimitri Chamblas & Zoé Lakhnati, Les Carnets Bagouet, Jann Gallois, Mathilde Monnier, Laurent Pichaud, Fabrice Ramalingom, Christian Rizzo & Caty Olive, Salia Sanou & Nicolas Clauss, Hofesh Shechter
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Merci pour cette mémoire écrite de cette belle ouverture du Festival de Danse. Je me souviens avoir vécue une performance imaginée par D.Chamblas et Ź.Lakhnati dans la cour Montanari…un zappage dans votre écrit..était ce trop mal à propos pour l’occulter? Bien à vous
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