Montpellier Danse – 46e édition

Affiche Montpellier Danse 2026 © D.Wilems Voetvolk. SpinticA.fr

Fête de la musique, Pride, solstice d’été, fin du Printemps des Comédiens et début du festival Montpellier Danse ! Ça y est, le festival ouvre ses portes, la programmation est lancée ! Ulysse Marion de Dimitri Chamblas et Histoires de Danses en ouverture.

Montpellier Danse 2026 © D.Wilems Voetvolk
Montpellier Danse 2026 © D.Wilems Voetvolk

Pour sa 46e édition, la 1ère sous la direction de Dominique Hervieu, Pierre Martinez, Jann Gallois et Hofesh Shechter, Montpellier Danse se tourne vers son histoire et met à l’honneur les chorégraphes qui ont marqué le festival.

Histoires de Danses

Pensée comme une déambulation version tour operator, le public se divise en quatre groupes et parcourt, dans une visite guidée de la danse et de l’Agora, les studios qui accueillent différents extraits de 10 minutes chacun. 

Le parcours fait affleurer les différentes strates de l’histoire chorégraphique de Montpellier, notamment par la présence des directeurs et directrices qui se sont succédé à la tête du CCN : Dominique Bagouet, Mathilde Monnier, Christian Rizzo, Hofesh Shechter et Jann Gallois. 

Jann Gallois - HISTOIRES DE DANSES © Laurent Philippe
Jann Gallois – HISTOIRES DE DANSES © Laurent Philippe

Le voyage débute au théâtre de l’Agora, avec impulsion, solo méditatif de Jann Gallois, et se termine par un extrait du Saut de l’Ange de Dominique Bagouet que Laurent Pichaud recrée dans la cour Montanari comme écho à la cour Jacques Cœur qui avait accueilli la création en 1987. Sur fond de piano préparé, jouant des fenêtres, terrasses, gradins, praticables, cloître et sable de la cour, la pièce est dansée par les interprètes d’origine. Les corps se font témoignage, document, archive. La présence de deux très jeunes danseurs à la fin de l’extrait, un enfant et un adolescent, ouvre la cour et la danse, en même temps que s’ouvre, au dernier étage, la fenêtre derrière laquelle Michèle Rust regarde et danse comme depuis le ciel. Entre Impulsion et la Cour des Anges, nous avons pu rencontrer 7 propositions.

Au studio Béjart, Salia Sanou propose un extrait d’Un Lointain si Proche, dans une installation pensée en collaboration avec Nicolas Clauss. Sur les écrans, neuf jeunes artistes camerounais avec qui Salia Sanou et Ange Fandoh ont travaillé. Les écrans se répondent et la danse de Salia Sanou dialogue, souligne, accompagne les visages et les mouvements des danseurs et danseuses présents par l’image.

Salia Sanou - HISTOIRES DE DANSES © Laurent Philippe
Salia Sanou – HISTOIRES DE DANSES © Laurent Philippe

Au studio Cunningham, nous découvrons une installation performative de Mathilde Monnier, Soapéra. Sur le plateau, une mousse épaisse qui aurait la lourdeur d’un velours, la plasticité sculpturale de la cire, la légèreté attendue de la mousse, et la brillance d’un satin. Les corps s’y noient, s’en extraient, rompent la matière, la modèlent, disparaissent, manifestent leur présence par la vibration de la mousse, émergent, etc. L’œil projette quelques formes : chimère organique, hydre, vagues silhouettes.

Au Studio Bagouet, Hofesh Shechter propose un extrait de sa pièce IN THE BRAIN célébrant la vie nocturne. 

Nous passons devant le studio Gert et jetons un œil à l’installation de Christian Rizzo et Caty Olive, danse pour vent et vêtements seuls.

Dans la cour Montanari, Babx et Benjamin Chaval interprètent des musiques qui ont croisé le chemin de la danse, notamment l’œuvre Piano Phase que Steve Reich avait composée en 1967, et qu’Anne Teresa De Keersmaeker avait mis à l’honneur, en 1982, en créant Fase, Four Movements to the Music of Steve Reich à partir de quatreœuvres de Reich : Piano Phase (1967), Violin Phase (1967), Come Out (1966) et Clapping Music (1972).

Au studio Yano, Fabrice Ramalingom nous parle de Trisha Brown, de sa rencontre avec elle dans les années 90, de son travail chorégraphique, des traces laissées par sa danse sur une toile dans sa pièce performance It’s A Draw dont une des toiles se trouve au studio Béjart, de son envie de revenir au « point zéro » de la danse – « Back to Zero », nous précise Fabrice. De souvenirs en récits et de protocoles en phrases chorégraphiques, Fabrice Ramalingom compose un portrait de Trisha Brown et de son histoire avec Montpellier.

Impossible de tout voir, notamment Jours Étranges de Dominique Bagouet interprété par les élèves du cycle 3 du CRR – Conservatoire de Montpellier.

Ulysse Marion de Dimitri Chamblas – Cour Montanari

Dimitri Chamblas chérit le format du duo : le public de Montpellier Danse se souvient de son célèbre À Bras le Corps avec Boris Charmatz, créé en 1993, ou celui, en 2018, avec Kim Gordon. Il propose ici une forme construite comme un jeu d’écho. Ni corps à corps, ni espace de dialogue, mais une certaine ressemblance dans l’exercice du souvenir : chutes, chanson fredonnée, arabesques et ronds de jambe. Marion Barbeau et Ulysse Zangs composent deux soli comme l’expression de deux trajectoires individuelles qui conduisent à un point de jonction.

ULYSSE MARION - Dimitri Chamblas, Marion Barbeau et Ulysse Zangs,
Agora - Cour Montanari, Montpellier, le 19/06/2026 © Laurent Philippe
ULYSSE MARION – Dimitri Chamblas, Marion Barbeau et Ulysse Zangs,
Agora – Cour Montanari, Montpellier, le 19/06/2026 © Laurent Philippe

Interprètes et auteurices confondent leurs identités. L’écriture chorégraphique disparaît au profit du portrait « de danse » ou « par la danse ».

Une dramaturgie du flash-back, du souvenir convoqué sur le plateau et de celui qui remonte à la surface du corps, le baiser de l’au revoir, une musique de fond d’un rêve américain déjà démodé, un peu de poussière. Un étrange soleil se lève sur l’horizon du public : ne boudons pas une image de fin qui ressemble à un plan de cinéma un peu 80’s à la Spielberg : contre-jour, lointain, main dans la main de deux enfants qui s’éloignent et rejoignent leur rêve. La lumière n’est même pas tombée que le public se dresse.

ULYSSE MARION - Dimitri Chamblas, Marion Barbeau et Ulysse Zangs,
Agora - Cour Montanari, Montpellier, le 19/06/2026 © Laurent Philippe
ULYSSE MARION – Dimitri Chamblas, Marion Barbeau et Ulysse Zangs,
Agora – Cour Montanari, Montpellier, le 19/06/2026 © Laurent Philippe

Un peu de retard et d’attente devant les portes, la fraîcheur du soir, le plaisir d’être là : en cette soirée d’ouverture, ce n’est pas seulement la proposition de Dimitri Chamblas et la présence des interprètes qui sont accueillies, mais également le festival qui a été, en cette soirée d’ouverture, applaudi à tout rompre par un public déjà debout.

Marie Reverdy 

Histoires de danses

Babx & Benjamin Chaval, Dimitri Chamblas & Zoé Lakhnati, Les Carnets Bagouet, Jann Gallois, Mathilde Monnier, Laurent Pichaud, Fabrice Ramalingom, Christian Rizzo & Caty Olive, Salia Sanou & Nicolas Clauss, Hofesh Shechter

Ulysse Marion

Chorégraphie : Dimitri Chamblas en collaboration avec les interprètes Marion Barbeau et Ulysse Zangs
Musique : Pierre Aviat, Ulysse Zangs
Lumière : Yves Godin coréalisée avec Fabrice Le Fur
Régie générale : Jack McWeeny
Régie son : Jack McWeeny
Régie lumière : Fabrice Le Fur
Production et diffusion : Studio Dimitri Chamblas
Studio manager : Elodie Vitrano

Coproductions : La Villette, Paris – Initiatives d’Artistes, California Institute of the Arts, Agora, Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie, Théâtre de Nîmes, scène conventionnée d’intérêt national – art & création – danse contemporaine, Théâtre Molière → Sète, scène nationale archipel de Thau, Ménagerie de Verre dans le cadre du dispositif Studio Lab
Remerciements : festival Parterre, festival de l’Impertinence
Le Studio Dimitri Chamblas est soutenu le ministère de la Culture – Direction Générale de la Création Artistique et la Direction régionale des affaires culturelles Occitanie.
Dimitri Chamblas est artiste associé au Théâtre de Nîmes, scène conventionnée pour la danse contemporaine et au Théâtre Molière → Sète, scène nationale archipel de Thau.


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