Artiste associé à Montpellier Danse, Armin Hokmi présente, pour cette 46ᵉ édition du festival, BAZM (REPERTOIRE). Avec Of the Heart – an etude, nous avions rencontré son travail de recherche dans la cour de l’Agora. Aujourd’hui, nous découvrons la pièce pour 9 interprètes à l’Opéra Comédie.

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Écrire dans la brèche – la naissance de l’œuvre
Qu’est-ce que l’écriture chorégraphique ? Celle des corps, des mouvements, de l’ensemble et de l’espace ? Quel est le moteur de l’écriture ? Armin Hokmi répond en artiste, situant son propos dans les hiatus, les interstices, les brèches, les failles de la langue. Il prend soin de contourner les points de départ thématiques, évitant aussi, dès lors, les points d’arrivée en illustration.
Pas de lexicologie donc, mais l’expression d’un mouvement de la pensée, celui du point de friction entre le mot perse « BAZM » et le concept de « répertoire ». BAZM est polysémique, on pourrait le traduire, difficilement, par « célébration » ou « événement ». Mais ce n’est pas ce que le mot désigne qui intéresse Armin Hokmi, c’est ce qu’il permet : « Ce qui m’intéresse surtout, c’est son potentiel. Le mot ouvre la possibilité de penser un événement dont le sens n’est pas entièrement fixé : quelque chose qui peut évoluer, se transformer ou même s’écarter de son intention initiale » explique-t-il dans une interview accordée à Maïwenn Rebours.
À l’imprévisibilité du BAZM, Armin Hokmi oppose la solidité du répertoire comme espace de conservation de gestes qui ont déjà pris forme. « C’était justement l’un des points de départ du projet : voir comment quelque chose qui renvoie à une expression déjà existante, comme le répertoire, peut entrer en relation avec un événement d’une nature différente », poursuit-t-il.

Savoir débuter – L’art de prendre corps
Deux interprètes, dans la clarté du plateau, travaillent à la précision du geste infime. Autour de la jambe, le corps semble chercher la bonne orientation de son axe horizontal : orientation du bassin, du torse, du corps tout entier.
Alternance des entrées et des sorties, « différence et répétition », le motif se déploie dans la lenteur, la discrétion, la précision.

Dans la boîte à images derrière le cadre de scène, Armin Hokmi complexifie les formations, les rythmes, les modulations temporelles, les logiques de récurrence mathématique. À l’axe horizontal, l’épaule viendra ouvrir l’axe vertical et sagittal. Patiemment, sans progression linéaire qui aurait induit une dramaturgie de clepsydre, le mouvement gagne le bras, la main, la cheville, la tête. Toujours dans la délicatesse, la discrétion et la précision.
Aucun attendu, aucune résolution, aucune conclusion, aucun chemin prévisible. Armin Hokmi, minutieusement, se concentre sur l’origine du mouvement, l’élan, le moment précis de l’impulsion, sans attaque et sans que le geste ne s’achève en évanescence.
Avec une rare finesse et une rare intelligence, Armin Hokmi a réussi à aller jusqu’au bout d’un début : « Bazm » définit l’imprévisible.

La musique est signée par Helen Island : hypnotique, légèrement flottante, quelque peu hallucinée, peuplée de sons compacts, faite de textures lo-fi, sampledelia, nappes, légères saturations, compression, reverse sound, syncopes, ruptures métriques, boucles, micro-répétitions.
Variation de la lumière teintant l’espace scénographié par Felipe Osorio Guzmán, qui a également conçu la lumière créée par Vito Walter.
Corps sculptés par les costumes signés par Moriah Askenaizer.

Dans ce répertoire des naissances d’événements et de leur imprévisibilité, rien n’a échappé au sublime.
Marie Reverdy
Concept, chorégraphie et direction artistique : Armin Hokmi
Danse et interprétation : : Louise Dahl, Even Eileraas,, Tasha Hess-Neustadt, Aline Lebrun, Gyeongjin Lee, Ángel Martinez Hernández, Adam Russell-Jones, Leonie Türke, Eline Chao Vaaje, Emmi Venna
Musique : Helen Island, CARYO
Scénographie et conception lumière : Felipe Osorio Guzmán
Création lumière : Vito Walter
Directeur des répétitions : Ángel Martinez Hernández
Costumes : Moriah Askenaizer
Réalisation des costumes : L’atelier Bas et Hauts, Paris
Régisseur son : Fabien Minez
Conseil artistique : Jonas Maria Droste, Julie Guibert , Cecilio Orozco
Production : Armin Hokmi Kiasaraei
Coordination de production : Ashley Molco Castelló
Remerciements à Naomi Perlov et Frédéric Granger
Coproductions : Agora, Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie dans le cadre du Festival Montpellier Danse 2026 et du dispositif « Artiste associé » du Ministère de la Culture, CNDC Angers, CCN-Ballet national de Marseille dans le cadre de l’accueil studio / Ministère de la Culture, Théâtre de la Ville Paris, Charleroi Danse, Radialsystem Berlin, Rosendal International Theatre, Dansens Hus Oslo, BIT Teatergarasjen Bergen, euro-scene Leipzig, Norrlandsoperan Umeå | Soutiens : Hauptstadtkulturfonds Berlin, Fonds franco-allemand Transfabrik, Nordic Culture Fund, FFUK, Arts Council Norway | Avec le soutien du programme de résidence de PACT Zollverein (Essen), financé par le Ministère de la Culture et des Sciences du Land de Rhénanie-du-Nord–Westphalie, la Friche la Belle de Mai (Marseille) avec le soutien de la SCIC FBDM, et du programme de résidence O Espaço do Tempo et FELD/LAB, une initiative soutenue par le Goethe-Institut au Portugal.
Remerciements à Frédéric Granger du CCN-BNM, Denis Boudemagh – STRADA
Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas pour l’accueil en résidence à l’Agora
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