Formes(s) de vie, Eric Minh Cuong Castaing à Montpellier Danse

Dans un dispositif scénographique qui n’est ni le ring, ni le théâtre, ni le podium, ni le cinéma, ou un peu tout ça à la fois, Elise Argaud, Yumiko Funaya, Aloun, Marchal, Kamel Messelleka, Nans Pierson déploient sur le plateau, en solo, duo ou trio, le temps du mouvement et celui du regard. L’écran situé en fond de scène projette parfois les images d’un “chœur prothétique”, zoomant sur le contact des mains, la mélodie des souffles, ou sur l’émotion du toucher, faisant écho à la performance dansée Sous Influence créée quatre ans plus tôt, en 2017.

Of the heart – An etude d’Armin Hokmi au festival Montpellier Danse

Lors de la conférence de presse de l’an dernier, pour Shiraz, la prise de parole d’Armin Hokmi semblait s’articuler en dytique avec sa proposition chorégraphique. Pour cette 45ème édition, Armin Hokmi, artiste associé à Montpellier Danse, présente un solo intitulé Of the heart – An etude. Si Shiraz reposait sur l’écrin d’un récit étoffé qu’Armin Hokmi avait déployé autour du Festival des Arts de Shiraz, Of the heart – An etude repose sur l’aphasie qui prend le cœur pour synonyme des émotions indicibles. « Car le coeur, dira Armin Hokmi, c’est le mot que l’on emploie pour définir les émotions que nous ne comprenons pas. »

Comment Dire..? Mirlitons, de François Chaignaud et Aymeric Hainaux

La saison Montpellier Danse propose, au théâtre Jean Vilar, Mirlitons, de François Chaignaud et Aymeric Hainaux. A cette occasion, un Comment Dire..? qui tente une nouvelle forme, en proposant un échange entre les mots de la critique et les visuels dessinés, au fur et à mesure du spectacle, par Romain You, étudiant en DPEA “Architecture et Scénographie” à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier. L’occasion pour lui de garder, dans son carnet jaune, une mémoire sensible des spectacles, entre intuitions d’espaces scénographiques et spatialisation d’intuitions dramaturgiques.

Bilan de la 44ème édition du Festival Montpellier Danse

Le festival Montpellier Danse se termine. Une journée qui a débuté par la conférence de presse faisant état du Bilan du festival. Pas moins de 17 créations ont été montrées au public, une augmentation de la fréquentation qui souligne l’attachement du public montpelliérain à la danse contemporaine. La matinée s’est poursuivie par l’inauguration du pavillon ouest de l’Agora, d’une surface totale de 265 m², repensé pour accueillir une salle d’exposition, un studio de danse, et un bureau.

Retour sur The Cloud – Arkadi Zaides / Festival Montpellier Danse 44

Dans cette dernière création, intitulée The Cloud, Arkadi Zaides poursuit sa réflexion sur les liens qui unissent performance et document. Il est question, ici, de la mémoire de Tchernobyl au moment où la fusion du cœur du réacteur 4 provoqué l’incident nucléaire le plus grave de l’histoire, entre souvenirs d’enfance, catastrophe planétaire et signe d’un effondrement politique.

We Learned A Lot At Our Own Funeral de Daina Ashbee au Festival Montpellier Danse

Comme un acte sacré qui déchire le noir, le cœur et les entrailles, la voix d’Imara Bosco fraye un chemin qui va de l’oreille au canal lacrymal, et réveille les larmes qui sommeillaient en nous, tapies au fond de la conscience…
Le corps de Momoko Shimada quitte son lit de sable, entre rigidité cadavérique et position fœtale. Humus des corps rendus à la terre, au sable, à la mer, le travail de Daina Ashbee se passe facilement de mots. Flirtant avec la performance, fin, profond, délicat, et d’une rare intelligence…

Shiraz, d’Armin Hokmi – Festival Montpellier Danse

Le festival se poursuit avec des moments particulièrement précieux. Armin Hokmi dévoile la finesse de son écriture chorégraphique à l’occasion de sa pièce Shiraz, au théâtre du Hangar. L’occasion pour nous de parler également d’un autre moment précieux, celui d’Idée d’Abdel Mounim Elallami.

Il cimento dell’armonia e dell’invenzione, Anne Teresa de Keersmaeker et Radouan Mriziga au festival Montpellier Danse

Il cimento dell’armonia e dell’invenzione, traduit par « La confrontation entre l’harmonie et l’invention » ou par « L’Épreuve de l’Harmonie et de l’Invention », est le titre d’un recueil de douze concertos pour violon soliste, cordes et basse continue. Le quattro stagioni – Les Quatre Saisons Opus 8, no 1-4, ouvre le recueil. Si Vivaldi débute par le printemps, Anne Teresa de Keersmaeker et Radouan Mriziga choisissent, quant à eux, de débuter par l’automne. La pièce se déploie entre géométrie et mémoire des gestes issus du monde rural, entre travail et fêtes paysannes, entre humour et grâce.

Mille et Une Nuits de Sorour Darabi – Festival Montpellier Danse

C’est dans cette ambiance, fraîche et humide, que Sorour Darabi nous invite à assister à ses Mille et Une Nuits. Dans le clair-obscur et la brume, le public ressemble à une morphose entre Delacroix et les miniatures persanes.

Takemehome de Dimitri Chamblas et Kim Gordon au festival Montpellier Danse

“Cette pièce n’est pas thématique”, a expliqué Dimitri Chamblas lors de la conférence de presse, “je me suis inspiré de ce que j’ai vu”. Image, donc, pure image, vaguement lointaine, de corps énigmatiques et opaques. “La dramaturgie de la pièce ne se structure pas en arc”, signale également Dimitri Chamblas, mais plutôt comme l’étirement d’un temps non orienté vers un but, une errance qui n’attend rien. L’errance ne saurait, en effet, avoir la forme d’un arc, elle a plutôt la forme d’un temps dont le déversement de la ligne ressemble à la flaque aride d’un désert dans lequel l’errant.e n’a pas d’autre identité que l’errance. Si Takemehome ne construit pas ses images par dénotation, représentation, métaphore ou symbolisation, elles ont tout de même un lieu de naissance qui leur confère le statut sémiotique de trace quasi-photographique.