Visions D’Eskandar de Samuel Gallet

Visions d'Eskandar de Samule Gallet - Editions Espaces34. Lecture par Jules Tricard et Marion Rozé.

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La pièce

À la suite d’un malaise cardiaque dans une piscine municipale, un jour de canicule, un architecte plonge dans un coma profond, et fait une expérience de mort imminente. Il se retrouve alors dans un monde parallèle, une ville complètement détruite du nom d’Eskandar en compagnie d’un homme amnésique et d’Everybody, la caissière de la piscine municipale.

Entre théâtre et oratorio, réel et onirisme, dans un présent hanté par la catastrophe, Eskandar est cette ville jaillie du rêve de quelques-uns, comme une image de notre avenir possible.

L’auteur

Né en 1981, Samuel Gallet écrit pour le théâtre et compose des poèmes dramatiques qu’il porte régulièrement à la scène avec le Collectif Eskandar, compagnie théâtrale basée à Caen. La plupart de ses pièces font l’objet de mises en scènes en France et à l’étranger (Angleterre, États-Unis, Allemagne, Mexique, Chili…) et sont diffusées sur France Culture. Lauréat 2014 de la Villa Médicis Hors les murs (Institut Français) pour travailler sur le théâtre politique contemporain chilien, régulièrement associé à des théâtres et des centres dramatiques (Le Préau CDN de Vire sous la direction de Pauline Sales et Vincent Garanger, Les Scènes du Jura sous la direction de Virginie Boccard, l’Arc Scène Nationale du Creusot) il est co-responsable avec Enzo Cormann d’octobre 2015 à aout 2020 du département Écrivain Dramaturge de l’ENSATT à Lyon. Samuel Gallet fait partie de la Coopérative d’écriture qui regroupe plusieurs auteurs et autrices (Fabrice Melquiot, Marion Aubert, Rémi De Vos, Pauline Sales, Nathalie Fillion…). Ses textes ont notamment été créés par Laure Egoroff, Simon Le Moullec, Philippe Delaigue, Christophe Hocké, David Gauchard, Kheireddine Lardjam, Jean-Pierre Baro, Guillaume Delaveau, Marie-Pierre Bésanger, Jean-Philippe Albizzati, Luc Sabot, Nadège Coste, Frédéric Andrau, Rob Melrose, Jonathan Pontier… Mephisto Rhapsodie a été créé à Londres en octobre 2019 au Gate Theater dans une traduction de Chris Campbell et une mise en scène de Kirsty Housley.

Du même auteur

  • Aux Éditions Espaces 34

Autopsie du Gibier, dans le recueil Le monde me tue (2007)

Encore un jour sans (2008), finaliste Grand prix de littérature dramatique 2009

Communiqué n°10 (2010), Pièce Lauréate des Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre 2010

Oswald de nuit, triptyque comprenant Oswald, L’ennemi et Rosa (2012).

Issues (2015)

La bataille d’Eskandar (2017), Prix Collidram 2018

La ville ouverte (2018), finaliste grand prix de littérature dramatique 2019

Mephisto Rhapsodie (2019)

  • Aux Éditions de l’Arche

Le jeu d’histoire libre (2018), avec Fabrice Melquiot

  • Aux Éditions Théâtrales Jeunesse

L’enfant qui ne voulait pas (2020), in Troisième Regards Saison 2

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A propos de la pièce, par Samuel Gallet

« Notre existence est prise entre les vies que nous vivons et les vies que nous ne vivons pas, dont nous avons manqué l’occasion, – des vies que nous pourrions mener mais que, pour une raison ou une autre, nous ne menons pas. Et nous apprenons à vivre entre la vie que nous avons et celle que nous aimerions avoir… Mais, il y aura toujours la vie que nous avons menée, et la vie qui a accompagné la vie que nous avons menée, – la vie parallèle ou les vies parallèles qui n’ont jamais réellement eu lieu – que nous avons menées en imagination, nos vies souhaitées : Les risques que nous n’avons pas pris, les occasions que nous avons évitées, ou qu’on ne nous a pas fournies. » (Adam Phillips, La meilleure des vies)

Dans La bataille d’Eskandar, publié en 2017 aux Éditions Espaces 34, une femme, pour échapper aux huissiers, rêve d’un séisme qui les ferait disparaître. Ainsi le chaos lui permettrait-il de se reconstruire autre, avec Mickel, son fils de huit ans et demi. L’urgence est telle et le rêve si fort que la catastrophe advient. Tout s’effondre. Dans la ville d’Eskandar, la nature reprend ses droits. Un zoo est laissé à l’abandon, des fauves s’échappent, et attaquent celles et ceux qui n’ont pas pu ou voulu partir. Parmi eux, Thomas Kantor, un obscur criminel en cavale. Se rebaptisant Madame de Fombanel, cette femme s’enfonce dans la zone pour abattre des lions, à la fois effrayée et fascinée par la propagation du désastre.

Dans visions d’Eskandar, nous retrouvons Mickel devenu architecte. À la suite d’un malaise cardiaque dans une piscine municipale, un jour de canicule, il plonge dans un coma profond et fait une expérience de mort imminente. Il se retrouve alors dans un monde parallèle, dans la ville complètement détruite d’Eskandar en compagnie d’un homme amnésique et d’Everybody, la caissière de la piscine municipale.

Eskandar serait ainsi cette ville jaillie du rêve de quelques-un.e.s, comme une image de notre avenir possible, et évoque sans doute notre société occidentale actuelle, minée par le dégout d’elle-même, traversée par des jaillissements de violences, des replis identitaires et pourtant prise dans des appels vivaces à de nouvelles reconstructions.

Comment reconstruire ? Comment parler de ce qu’il faut reconstruire ou construire ou inventer pour conjurer la fin des temps ? Dans une époque convaincue de l’inévitabilité de la catastrophe, comment exprimer les premières pousses d’un monde nouveau ? Quelles sont les vies que l’on ne vit pas mais que l’on souhaiterait vivre ? Qui aurions-nous voulu être ? Qu’est-ce que nous nous interdisons de rêver face à un monde présenté comme condamné ?

Vies parallèles, non vécues, regrettées ou fantasmées qui nous accompagnent
Arès la bataille d’Eskandar, j’ai voulu poursuivre ce travail sur cette ville imaginaire, pour faire entendre cette tension que le rêve exprime sans contradiction entre notre obscur désir de destruction totale et notre lutte quotidienne pour construire des espaces viables pour soi et pour autrui, les énergies de reconstruction qui peuplent nos sociétés et nos fors intérieurs.

Et questionner peut-être à travers deux textes la question des héritages réels et symboliques, ce qu’une génération transmet à la suivante dans les rêves, les fractures, les destructions et les possibles.

Ecouter un extrait

Ce début de pièce décrit l’ambiance moite d’une piscine municipale un jour de canicule, et le moment où Mickel, architecte, arrive à Eskandar. Le texte se laisse découvrir, dans sa mise en bouche et en sens, par Jules Tricard et Marion Rozé sous la direction de Marie Reverdy. Une lecture en travail, défrichée par deux comédien.ne.s et une dramaturge.

Publié par Marie Reverdy

Marie Reverdy est dramaturge et travaille avec plusieurs compagnies de théâtre et de danse, en salle ou en espace public. Elle intervient auprès des étudiants de l’Université Paul Valéry-Montpellier 3, du Conservatoire de Montpellier parcours Théâtre, du DPEA de Scénographie de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier et de la FAI-AR – formation supérieure d’art en espace public à Marseille. Formée à la philosophie, Marie Reverdy obtient son doctorat en 2008 avec une thèse consacrée à la question de la Représentation et de la Performance. Sa collaboration pour la revue d’art contemporain Offshore pendant près de 20 ans, pour laquelle elle rédigeait la chronique Théâtre, lui permet de se former auprès de Jean-Paul Guarino à l’exigence des concepts dramaturgiques et philosophiques déployés dans une langue qui échappe au formalisme universitaire. Marie Reverdy a également collaboré à la revue Mouvement pendant 5 années. Intéressée par la notion philosophique de Représentation, elle est l’autrice de l’ouvrage Comprendre l’impact des mass-médias dans la (dé)construction identitaire, paru en 2016 aux éditions Chronique Sociale. Elle a également publié Horace... Un semblable forfait, à partir d'Horace de Pierre Corneille, paru en 2020 aux éditions L'Harmattan.

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